ETIENNE KRÄHENBÜHL

Matières, mémoires et vibrations

Œuvres

Exposition au château de Vullierens

De la poule à l’œuf, de la plume aux polymères…

Traversées par l’esprit du temps, les œuvres ouvrent une perspective dans notre actualité environnementale. Une collaboration avec Rudy Koopmans, scientifique travaillant avec les polymères, se met en scène dans une exposition qui illustre les avancées actuelles dans le domaine des ressources finies. L’importance de nos consommations, les déchets qui en résultent sont souvent désavoués et livrés à la destruction. Et si, plus conscients de notre participation à une nature qui a donné généreusement, nous devenions acteur d’un respect indispensable des « déchets » que nous produisons ?

Les installations d’Etienne Krähenbühl, en métal, en plastiques récupérés et en polymères feront vivre ces thématiques en s’appuyant sur les phases de transformation de l’œuf à la plume.

Polymères

Polymères

Etienne Krähenbühl

Exposition au château de Vullierens

De la poule à l’œuf, de la plume aux polymères…

Traversées par l’esprit du temps, les œuvres ouvrent une perspective dans notre actualité environnementale. Une collaboration avec Rudy Koopmans, scientifique travaillant avec les polymères, se met en scène dans une exposition qui illustre les avancées actuelles dans le domaine des ressources finies. L’importance de nos consommations, les déchets qui en résultent sont souvent désavoués et livrés à la destruction. Et si, plus conscients de notre participation à une nature qui a donné généreusement, nous devenions acteur d’un respect indispensable des « déchets » que nous produisons ?

Les installations d’Etienne Krähenbühl, en métal, en plastiques récupérés et en polymères feront vivre ces thématiques en s’appuyant sur les phases de transformation de l’œuf à la plume.

Galerie photo

Exposition au château de Vullierens

De la poule à l’œuf, de la plume aux polymères…

Traversées par l’esprit du temps, les œuvres ouvrent une perspective dans notre actualité environnementale. Une collaboration avec Rudy Koopmans, scientifique travaillant avec les polymères, se met en scène dans une exposition qui illustre les avancées actuelles dans le domaine des ressources finies. L’importance de nos consommations, les déchets qui en résultent sont souvent désavoués et livrés à la destruction. Et si, plus conscients de notre participation à une nature qui a donné généreusement, nous devenions acteur d’un respect indispensable des « déchets » que nous produisons ?

Les installations d’Etienne Krähenbühl, en métal, en plastiques récupérés et en polymères feront vivre ces thématiques en s’appuyant sur les phases de transformation de l’œuf à la plume.

Sculptures monumentales

Sculptures monumentales

Sculptures monumentales

EK

Sculptures monumentales

Galerie photo

Sculptures monumentales

De septembre 2017 à septembre 2018, Étienne Krähenbühl a collecté tous les plastiques de sa consommation quotidienne pour produire des estampes. Du conditionnement de sa nourriture, en passant par les sacs à usage unique, l’artiste a réalisé quelque 730 impressions – deux estampes par jour. Il nous livre ainsi un compte-rendu de l’utilisation personnelle de ce matériau sur une année et son geste devient message universel. S’en dégage en effet une réflexion sur l’écologie et sur le climat à travers une « fresque » haute en couleurs. Au-delà de la pensée engagée, l’exposition permet de découvrir ou de redécouvrir un artiste par un travail qui fait exception dans sa propre production artistique.

Les artistes, tout comme les océanographes, les ingénieurs, les explorateurs, les entrepreneurs interviennent pour lutter contre ce fléau mondial. Yverdonnois largement connu pour sa production de sculptures de métal, Étienne Krähenbühl sait jouer en trois dimensions entre le stable et le mobile, le corrodé et le lisse, le sonore et le silencieux, le lourd et l’aérien. En septembre 2017, il décide de sortir de ses habitudes pour donner à voir la consommation du plastique à l’échelle d’un être humain durant un an. Son installation déployée sur les 300m2 du CACY se décline en un camaïeu de couleurs réglé sur la météo d’Yverdon-les-Bains au jour le jour. Ancrée dans la ville du Nord vaudois, l’expérience dénonce des gestes et des habitudes dont plus personne ne peut s’excuser. Depuis 1950, la production de plastique a été multipliée par200, pour un tiers des déchets qui ne sont pas recyclés. 

 

Karine Tissot

Plastiques

Plastiques

Etienne Krähenbühl

De septembre 2017 à septembre 2018, Étienne Krähenbühl a collecté tous les plastiques de sa consommation quotidienne pour produire des estampes. Du conditionnement de sa nourriture, en passant par les sacs à usage unique, l’artiste a réalisé quelque 730 impressions – deux estampes par jour. Il nous livre ainsi un compte-rendu de l’utilisation personnelle de ce matériau sur une année et son geste devient message universel. S’en dégage en effet une réflexion sur l’écologie et sur le climat à travers une « fresque » haute en couleurs. Au-delà de la pensée engagée, l’exposition permet de découvrir ou de redécouvrir un artiste par un travail qui fait exception dans sa propre production artistique.

Les artistes, tout comme les océanographes, les ingénieurs, les explorateurs, les entrepreneurs interviennent pour lutter contre ce fléau mondial. Yverdonnois largement connu pour sa production de sculptures de métal, Étienne Krähenbühl sait jouer en trois dimensions entre le stable et le mobile, le corrodé et le lisse, le sonore et le silencieux, le lourd et l’aérien. En septembre 2017, il décide de sortir de ses habitudes pour donner à voir la consommation du plastique à l’échelle d’un être humain durant un an. Son installation déployée sur les 300m2 du CACY se décline en un camaïeu de couleurs réglé sur la météo d’Yverdon-les-Bains au jour le jour. Ancrée dans la ville du Nord vaudois, l’expérience dénonce des gestes et des habitudes dont plus personne ne peut s’excuser. Depuis 1950, la production de plastique a été multipliée par200, pour un tiers des déchets qui ne sont pas recyclés. 

 

Karine Tissot

Galerie photo

De septembre 2017 à septembre 2018, Étienne Krähenbühl a collecté tous les plastiques de sa consommation quotidienne pour produire des estampes. Du conditionnement de sa nourriture, en passant par les sacs à usage unique, l’artiste a réalisé quelque 730 impressions – deux estampes par jour. Il nous livre ainsi un compte-rendu de l’utilisation personnelle de ce matériau sur une année et son geste devient message universel. S’en dégage en effet une réflexion sur l’écologie et sur le climat à travers une « fresque » haute en couleurs. Au-delà de la pensée engagée, l’exposition permet de découvrir ou de redécouvrir un artiste par un travail qui fait exception dans sa propre production artistique.

Les artistes, tout comme les océanographes, les ingénieurs, les explorateurs, les entrepreneurs interviennent pour lutter contre ce fléau mondial. Yverdonnois largement connu pour sa production de sculptures de métal, Étienne Krähenbühl sait jouer en trois dimensions entre le stable et le mobile, le corrodé et le lisse, le sonore et le silencieux, le lourd et l’aérien. En septembre 2017, il décide de sortir de ses habitudes pour donner à voir la consommation du plastique à l’échelle d’un être humain durant un an. Son installation déployée sur les 300m2 du CACY se décline en un camaïeu de couleurs réglé sur la météo d’Yverdon-les-Bains au jour le jour. Ancrée dans la ville du Nord vaudois, l’expérience dénonce des gestes et des habitudes dont plus personne ne peut s’excuser. Depuis 1950, la production de plastique a été multipliée par200, pour un tiers des déchets qui ne sont pas recyclés. 

 

Karine Tissot

Malgré l’évolutioncontinuelle des théories en la matière, le Big-bang, depuis sa découverte, équivautà ce point lointain de l’origine de l’univers, un grand fracas qui présida àtout. Eternelle question de savoir ce qu’il y avait avant, mais certitude avéréeque nous venons de là, d’un vide plus ou moins vide qui allait s’étendre jusqu’àl’infini, ou presque. L’œuvre d’Etienne Krähenbühl, environ 1600 pièces de métalsuspendues par autant de filins, représente ce Big-bang en une sphère qui pourraittout aussi bien évoquer une planète ou un grand atome vue au microscope, là oùl’infiniment petit rejoint l’infiniment grand.

Le Bing-bang est une bouled’acier retenue dans le vide, et qu’un homme peut enlacer, comprimer jusqu’àtout relâcher et produire mille chocs de matière et de sons ; fairerespirer la matière qui semblait bien jusque là être le lieu de possibles évènementsretentissants. L’œuvre est vivante, elle respire, elle oscille, se dilate et s’agrandit,elle balance et reproduit l’onde initiale qui la fit danser et sonner comme unimmense carillon qui ne joue jamais exactement la même mélodie. Mille piècesforgées dans la matière organique dont nous et les étoiles sommes faits, s’entrechoquenten suivant le mouvement de l’onde. On dirait l’un de ces bancs de petitspoissons marins, qui pour lutter contre l’adversité, reste groupé malgré lesmouvements rapides et les formes spectaculaires que donnent ses fuites etautres accélérations.

Le Bing-bang est unconcentré de matière et d’énergie en devenir. Les pièces sont séparées d’imperceptiblesespaces vides, qu’une simple pression peut remplir. La sphère joue dans l’espace,elle l’occupe et se retire, hésite, revient, fait résonner l’univers danschacune de ses renaissances. Et au moment ou cette masse inerte est provoquée,au moment même où se libère toute sa puissance, le son et les ondes qui en résultentnous traversent, nous spectateurs vibrants à notre tour, témoins d’une étreintevertigineuse avec l’univers naissant. Du silence on est passé au fracas, qui àson tour redeviendra silence. Mais dans ce silence encore, comme si l’énergiedu Bing-bang n’avait plus de fin ni de répits, on ressent encore les ondes, onentend encore au loin, au plus loin de l’univers, quelques forces mystérieusesqui semblent résonner sans jamais totalement s’éteindre.

Texte : David Collin

Bing bang

Bing bang

Etienne Krähenbühl

Malgré l’évolutioncontinuelle des théories en la matière, le Big-bang, depuis sa découverte, équivautà ce point lointain de l’origine de l’univers, un grand fracas qui présida àtout. Eternelle question de savoir ce qu’il y avait avant, mais certitude avéréeque nous venons de là, d’un vide plus ou moins vide qui allait s’étendre jusqu’àl’infini, ou presque. L’œuvre d’Etienne Krähenbühl, environ 1600 pièces de métalsuspendues par autant de filins, représente ce Big-bang en une sphère qui pourraittout aussi bien évoquer une planète ou un grand atome vue au microscope, là oùl’infiniment petit rejoint l’infiniment grand.

Le Bing-bang est une bouled’acier retenue dans le vide, et qu’un homme peut enlacer, comprimer jusqu’àtout relâcher et produire mille chocs de matière et de sons ; fairerespirer la matière qui semblait bien jusque là être le lieu de possibles évènementsretentissants. L’œuvre est vivante, elle respire, elle oscille, se dilate et s’agrandit,elle balance et reproduit l’onde initiale qui la fit danser et sonner comme unimmense carillon qui ne joue jamais exactement la même mélodie. Mille piècesforgées dans la matière organique dont nous et les étoiles sommes faits, s’entrechoquenten suivant le mouvement de l’onde. On dirait l’un de ces bancs de petitspoissons marins, qui pour lutter contre l’adversité, reste groupé malgré lesmouvements rapides et les formes spectaculaires que donnent ses fuites etautres accélérations.

Le Bing-bang est unconcentré de matière et d’énergie en devenir. Les pièces sont séparées d’imperceptiblesespaces vides, qu’une simple pression peut remplir. La sphère joue dans l’espace,elle l’occupe et se retire, hésite, revient, fait résonner l’univers danschacune de ses renaissances. Et au moment ou cette masse inerte est provoquée,au moment même où se libère toute sa puissance, le son et les ondes qui en résultentnous traversent, nous spectateurs vibrants à notre tour, témoins d’une étreintevertigineuse avec l’univers naissant. Du silence on est passé au fracas, qui àson tour redeviendra silence. Mais dans ce silence encore, comme si l’énergiedu Bing-bang n’avait plus de fin ni de répits, on ressent encore les ondes, onentend encore au loin, au plus loin de l’univers, quelques forces mystérieusesqui semblent résonner sans jamais totalement s’éteindre.

Texte : David Collin

Galerie photo

Malgré l’évolutioncontinuelle des théories en la matière, le Big-bang, depuis sa découverte, équivautà ce point lointain de l’origine de l’univers, un grand fracas qui présida àtout. Eternelle question de savoir ce qu’il y avait avant, mais certitude avéréeque nous venons de là, d’un vide plus ou moins vide qui allait s’étendre jusqu’àl’infini, ou presque. L’œuvre d’Etienne Krähenbühl, environ 1600 pièces de métalsuspendues par autant de filins, représente ce Big-bang en une sphère qui pourraittout aussi bien évoquer une planète ou un grand atome vue au microscope, là oùl’infiniment petit rejoint l’infiniment grand.

Le Bing-bang est une bouled’acier retenue dans le vide, et qu’un homme peut enlacer, comprimer jusqu’àtout relâcher et produire mille chocs de matière et de sons ; fairerespirer la matière qui semblait bien jusque là être le lieu de possibles évènementsretentissants. L’œuvre est vivante, elle respire, elle oscille, se dilate et s’agrandit,elle balance et reproduit l’onde initiale qui la fit danser et sonner comme unimmense carillon qui ne joue jamais exactement la même mélodie. Mille piècesforgées dans la matière organique dont nous et les étoiles sommes faits, s’entrechoquenten suivant le mouvement de l’onde. On dirait l’un de ces bancs de petitspoissons marins, qui pour lutter contre l’adversité, reste groupé malgré lesmouvements rapides et les formes spectaculaires que donnent ses fuites etautres accélérations.

Le Bing-bang est unconcentré de matière et d’énergie en devenir. Les pièces sont séparées d’imperceptiblesespaces vides, qu’une simple pression peut remplir. La sphère joue dans l’espace,elle l’occupe et se retire, hésite, revient, fait résonner l’univers danschacune de ses renaissances. Et au moment ou cette masse inerte est provoquée,au moment même où se libère toute sa puissance, le son et les ondes qui en résultentnous traversent, nous spectateurs vibrants à notre tour, témoins d’une étreintevertigineuse avec l’univers naissant. Du silence on est passé au fracas, qui àson tour redeviendra silence. Mais dans ce silence encore, comme si l’énergiedu Bing-bang n’avait plus de fin ni de répits, on ressent encore les ondes, onentend encore au loin, au plus loin de l’univers, quelques forces mystérieusesqui semblent résonner sans jamais totalement s’éteindre.

Texte : David Collin

Les Fleurs du mal fondent dans la nuit, les tiges à mémoire de forme s’affaissent à la tombée du jour. Les Fleurs cèdent à l’emprise du froid, à la pesanteur de leur charge ancienne, elles sont accrochées à la maigre et fragile raideur des tiges qui les soutiennent. L’équilibre est fascinant, de cette fascination qui émerveille et sidère : les Fleurs du mal défient le temps, baignées de rouille et de coupes raides. pour celui qui s’en approche, il y a de très loin l’inquiétude ou le doute devant les piques dressées d’une armée de lanciers en marche ; de loin se devine l’hospitalité nourricière d’un champ de blé noirci, mal vu, mais qui fait encore illusion ; et de plus près enfin, on sent frémir face aux retours d’inquiétude que dessinent les silex en bouquet, des étincelles dont il ne reste que les dures fleurs d’acier, brûlantes à midi du souvenir de l’éclat, froides le soir, lovées dans leur ombre dernière. L’équilibre vertical des fleurs fait violence contre la gravité, contre la nature calcinée, déchirée. c’est le souvenir d’une autre violence qui revient, qui dévaste encore aujourd’hui les rues du Liban, des quartiers entiers de Beyrouth.

Poème et sculpture, les Fleurs du mal sont à la fois un appel à la beauté du mouvement et le souvenir d’un trop proche carnage. Les centaines d’éclats d’obus dressés dans le temps, mémoires suspendues, champ d’une mémoire 119 éclatée par le vent et la chaleur, proposent aux spectateurs d’assister à un phénomène : la rencontre en apparence contradictoire entre des formes
et la matière qui les enserre, et qui crée l’esthétique apaisante des tiges pliées, dressées, pliées à nouveau contre le plein espace vivant d’un souvenir tragique. Aux premières lueurs les fleurs renaissent, elles reviennent à leur forme première par le mouvement et le retour à leur forme première. Apaisées elles aussi, elles sont un manifeste de mémoire.

Texte : David Collin

Fleurs du Mal

Fleurs du Mal

Etienne Krähenbühl

Les Fleurs du mal fondent dans la nuit, les tiges à mémoire de forme s’affaissent à la tombée du jour. Les Fleurs cèdent à l’emprise du froid, à la pesanteur de leur charge ancienne, elles sont accrochées à la maigre et fragile raideur des tiges qui les soutiennent. L’équilibre est fascinant, de cette fascination qui émerveille et sidère : les Fleurs du mal défient le temps, baignées de rouille et de coupes raides. pour celui qui s’en approche, il y a de très loin l’inquiétude ou le doute devant les piques dressées d’une armée de lanciers en marche ; de loin se devine l’hospitalité nourricière d’un champ de blé noirci, mal vu, mais qui fait encore illusion ; et de plus près enfin, on sent frémir face aux retours d’inquiétude que dessinent les silex en bouquet, des étincelles dont il ne reste que les dures fleurs d’acier, brûlantes à midi du souvenir de l’éclat, froides le soir, lovées dans leur ombre dernière. L’équilibre vertical des fleurs fait violence contre la gravité, contre la nature calcinée, déchirée. c’est le souvenir d’une autre violence qui revient, qui dévaste encore aujourd’hui les rues du Liban, des quartiers entiers de Beyrouth.

Poème et sculpture, les Fleurs du mal sont à la fois un appel à la beauté du mouvement et le souvenir d’un trop proche carnage. Les centaines d’éclats d’obus dressés dans le temps, mémoires suspendues, champ d’une mémoire 119 éclatée par le vent et la chaleur, proposent aux spectateurs d’assister à un phénomène : la rencontre en apparence contradictoire entre des formes
et la matière qui les enserre, et qui crée l’esthétique apaisante des tiges pliées, dressées, pliées à nouveau contre le plein espace vivant d’un souvenir tragique. Aux premières lueurs les fleurs renaissent, elles reviennent à leur forme première par le mouvement et le retour à leur forme première. Apaisées elles aussi, elles sont un manifeste de mémoire.

Texte : David Collin

Galerie photo

Les Fleurs du mal fondent dans la nuit, les tiges à mémoire de forme s’affaissent à la tombée du jour. Les Fleurs cèdent à l’emprise du froid, à la pesanteur de leur charge ancienne, elles sont accrochées à la maigre et fragile raideur des tiges qui les soutiennent. L’équilibre est fascinant, de cette fascination qui émerveille et sidère : les Fleurs du mal défient le temps, baignées de rouille et de coupes raides. pour celui qui s’en approche, il y a de très loin l’inquiétude ou le doute devant les piques dressées d’une armée de lanciers en marche ; de loin se devine l’hospitalité nourricière d’un champ de blé noirci, mal vu, mais qui fait encore illusion ; et de plus près enfin, on sent frémir face aux retours d’inquiétude que dessinent les silex en bouquet, des étincelles dont il ne reste que les dures fleurs d’acier, brûlantes à midi du souvenir de l’éclat, froides le soir, lovées dans leur ombre dernière. L’équilibre vertical des fleurs fait violence contre la gravité, contre la nature calcinée, déchirée. c’est le souvenir d’une autre violence qui revient, qui dévaste encore aujourd’hui les rues du Liban, des quartiers entiers de Beyrouth.

Poème et sculpture, les Fleurs du mal sont à la fois un appel à la beauté du mouvement et le souvenir d’un trop proche carnage. Les centaines d’éclats d’obus dressés dans le temps, mémoires suspendues, champ d’une mémoire 119 éclatée par le vent et la chaleur, proposent aux spectateurs d’assister à un phénomène : la rencontre en apparence contradictoire entre des formes
et la matière qui les enserre, et qui crée l’esthétique apaisante des tiges pliées, dressées, pliées à nouveau contre le plein espace vivant d’un souvenir tragique. Aux premières lueurs les fleurs renaissent, elles reviennent à leur forme première par le mouvement et le retour à leur forme première. Apaisées elles aussi, elles sont un manifeste de mémoire.

Texte : David Collin

Le Temps au Carré

Le Temps au Carré

Etienne Krähenbühl

Galerie photo

Boucliers

Boucliers

Etienne Krähenbühl

Galerie photo

Une artiste à la rencontre de la supraconductivité

UNE SUPRARENCONTRE. Lorsqu’en 2007 Etienne rencontre notre équipe scientifique et technique à Genève, il est rapidement captivé par les propriétés étonnantes des matériaux supraconducteurs. Je me souviens de son regard émerveillé devant une pastille supraconductrice en lévitation. Les fibres qui composent les fils supraconducteurs, quant à eux, inspirent vivement son imaginaire. Dans l’atelier d’Etienne, à notre tour, nous sommes fascinés devant le mouvement de glissement léger d’objets apparemment lourds obtenu grâce aux mémoires de forme. Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ses sculptures et de sa vision du monde. c’était le départ d’une incroyable aventure : réaliser une oeuvre d’art mettant en valeur la supraconductivité et plus particulièrement la lévitation. Cette sculpture, inaugurée à Genève à l’occasion des 100 ans de la découverte de la supraconductivité est aujourd’hui la pièce maîtresse d’une exposition itinérante.
L’art est une manière de raconter une vision du monde avec imagination et créativité. La science, quant à elle, décrit ce monde à travers un langage scientifique et dans notre histoire avec celui de la physique. L’émotion ressentie par le scientifique devant une découverte, grande ou petite, s’apparente à celle perçue par l’artiste devant son œuvre achevée. si l’art, plus accessible au grand public, se révèle être une forme de communication inédite pour la science, la science offre à l’art de nouvelles avenues et perspectives.

De la toute première idée d’Etienne, celle de supraconducteurs soutenus par un petit parachute tombant dans un bain d’azote liquide, jusqu’à la réalisation de la sculpture supra100, quatre ans de recherches et de défis relevés nous ont appris à nous connaître et à nous dépasser. Comment combiner les contraintes de la science et de la technique – en particulier la nécessité du froid – avec l’imaginaire de l’artiste ? Etienne nous répétait à maintes reprises qu’il nous appartenait de poser les limites de la faisabilité. Au fur et à mesure des démarches et des essais, notre artiste a apprivoisé le froid, comment le maintenir, ce qui était possible et ce qui ne l’était pas. de notre côté, nous avons cherché des solutions, relevant les défis techniques soulevés par les idées foisonnantes d’Etienne.
SUPART. L’œuvre supra100, d’une simplicité émouvante défie la loi de la 251 gravité. cette sphère en lévitation sur un plan carré incliné c’est notre planète lévitant sur la création de l’homme. Au-dessus de nos têtes, des nuages en fils supraconducteurs flottent. Ils symbolisent pour Etienne « l’utopie d’une société en train de vivre une mutation radicale ; ils sont aussi porteur d’un idéal, d’un espoir, d’une autre révolution. C’est le rêve des scientifiques, une supraconductivité à température ambiante. Ces fibres sont le tissu neuronal de la supraconductivité ». En voulant cacher le froid et tout autre mécanisme technique pour préserver le mystère, Etienne nous offre un moment de songe et la possibilité de rêver à ce que pourrait être la supraconductivité à température ambiante.
Car si aujourd’hui différents domaines comme la médecine, l’énergie, les transports et les télécommunications bénéficient déjà des avancées scientifiques réalisées autour des matériaux supraconducteurs, le rêve ultime de tout physicien des matériaux est de trouver un supraconducteur qui présente cet état sans refroidissement, à température ambiante. Une telle découverte révolutionnerait véritablement notre quotidien.
Je salue le courage d’Etienne pour s’être engagé dans une aventure dont il n’avait pas la maîtrise technique, le rendant fortement dépendant des autres. Dans une trajectoire de rêve et de découvertes, Etienne et son art se sont fait les messagers d’une réalité complexe, ils ont su donner à la supraconductivi- té la part poétique qui lui revenait.

Texte : prof. Øystein Fischer

Directeur du Pôle de recherche national MaNEP

Supra

Supra

Etienne Krähenbühl

Une artiste à la rencontre de la supraconductivité

UNE SUPRARENCONTRE. Lorsqu’en 2007 Etienne rencontre notre équipe scientifique et technique à Genève, il est rapidement captivé par les propriétés étonnantes des matériaux supraconducteurs. Je me souviens de son regard émerveillé devant une pastille supraconductrice en lévitation. Les fibres qui composent les fils supraconducteurs, quant à eux, inspirent vivement son imaginaire. Dans l’atelier d’Etienne, à notre tour, nous sommes fascinés devant le mouvement de glissement léger d’objets apparemment lourds obtenu grâce aux mémoires de forme. Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ses sculptures et de sa vision du monde. c’était le départ d’une incroyable aventure : réaliser une oeuvre d’art mettant en valeur la supraconductivité et plus particulièrement la lévitation. Cette sculpture, inaugurée à Genève à l’occasion des 100 ans de la découverte de la supraconductivité est aujourd’hui la pièce maîtresse d’une exposition itinérante.
L’art est une manière de raconter une vision du monde avec imagination et créativité. La science, quant à elle, décrit ce monde à travers un langage scientifique et dans notre histoire avec celui de la physique. L’émotion ressentie par le scientifique devant une découverte, grande ou petite, s’apparente à celle perçue par l’artiste devant son œuvre achevée. si l’art, plus accessible au grand public, se révèle être une forme de communication inédite pour la science, la science offre à l’art de nouvelles avenues et perspectives.

De la toute première idée d’Etienne, celle de supraconducteurs soutenus par un petit parachute tombant dans un bain d’azote liquide, jusqu’à la réalisation de la sculpture supra100, quatre ans de recherches et de défis relevés nous ont appris à nous connaître et à nous dépasser. Comment combiner les contraintes de la science et de la technique – en particulier la nécessité du froid – avec l’imaginaire de l’artiste ? Etienne nous répétait à maintes reprises qu’il nous appartenait de poser les limites de la faisabilité. Au fur et à mesure des démarches et des essais, notre artiste a apprivoisé le froid, comment le maintenir, ce qui était possible et ce qui ne l’était pas. de notre côté, nous avons cherché des solutions, relevant les défis techniques soulevés par les idées foisonnantes d’Etienne.
SUPART. L’œuvre supra100, d’une simplicité émouvante défie la loi de la 251 gravité. cette sphère en lévitation sur un plan carré incliné c’est notre planète lévitant sur la création de l’homme. Au-dessus de nos têtes, des nuages en fils supraconducteurs flottent. Ils symbolisent pour Etienne « l’utopie d’une société en train de vivre une mutation radicale ; ils sont aussi porteur d’un idéal, d’un espoir, d’une autre révolution. C’est le rêve des scientifiques, une supraconductivité à température ambiante. Ces fibres sont le tissu neuronal de la supraconductivité ». En voulant cacher le froid et tout autre mécanisme technique pour préserver le mystère, Etienne nous offre un moment de songe et la possibilité de rêver à ce que pourrait être la supraconductivité à température ambiante.
Car si aujourd’hui différents domaines comme la médecine, l’énergie, les transports et les télécommunications bénéficient déjà des avancées scientifiques réalisées autour des matériaux supraconducteurs, le rêve ultime de tout physicien des matériaux est de trouver un supraconducteur qui présente cet état sans refroidissement, à température ambiante. Une telle découverte révolutionnerait véritablement notre quotidien.
Je salue le courage d’Etienne pour s’être engagé dans une aventure dont il n’avait pas la maîtrise technique, le rendant fortement dépendant des autres. Dans une trajectoire de rêve et de découvertes, Etienne et son art se sont fait les messagers d’une réalité complexe, ils ont su donner à la supraconductivi- té la part poétique qui lui revenait.

Texte : prof. Øystein Fischer

Directeur du Pôle de recherche national MaNEP

Galerie photo

Une artiste à la rencontre de la supraconductivité

UNE SUPRARENCONTRE. Lorsqu’en 2007 Etienne rencontre notre équipe scientifique et technique à Genève, il est rapidement captivé par les propriétés étonnantes des matériaux supraconducteurs. Je me souviens de son regard émerveillé devant une pastille supraconductrice en lévitation. Les fibres qui composent les fils supraconducteurs, quant à eux, inspirent vivement son imaginaire. Dans l’atelier d’Etienne, à notre tour, nous sommes fascinés devant le mouvement de glissement léger d’objets apparemment lourds obtenu grâce aux mémoires de forme. Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ses sculptures et de sa vision du monde. c’était le départ d’une incroyable aventure : réaliser une oeuvre d’art mettant en valeur la supraconductivité et plus particulièrement la lévitation. Cette sculpture, inaugurée à Genève à l’occasion des 100 ans de la découverte de la supraconductivité est aujourd’hui la pièce maîtresse d’une exposition itinérante.
L’art est une manière de raconter une vision du monde avec imagination et créativité. La science, quant à elle, décrit ce monde à travers un langage scientifique et dans notre histoire avec celui de la physique. L’émotion ressentie par le scientifique devant une découverte, grande ou petite, s’apparente à celle perçue par l’artiste devant son œuvre achevée. si l’art, plus accessible au grand public, se révèle être une forme de communication inédite pour la science, la science offre à l’art de nouvelles avenues et perspectives.

De la toute première idée d’Etienne, celle de supraconducteurs soutenus par un petit parachute tombant dans un bain d’azote liquide, jusqu’à la réalisation de la sculpture supra100, quatre ans de recherches et de défis relevés nous ont appris à nous connaître et à nous dépasser. Comment combiner les contraintes de la science et de la technique – en particulier la nécessité du froid – avec l’imaginaire de l’artiste ? Etienne nous répétait à maintes reprises qu’il nous appartenait de poser les limites de la faisabilité. Au fur et à mesure des démarches et des essais, notre artiste a apprivoisé le froid, comment le maintenir, ce qui était possible et ce qui ne l’était pas. de notre côté, nous avons cherché des solutions, relevant les défis techniques soulevés par les idées foisonnantes d’Etienne.
SUPART. L’œuvre supra100, d’une simplicité émouvante défie la loi de la 251 gravité. cette sphère en lévitation sur un plan carré incliné c’est notre planète lévitant sur la création de l’homme. Au-dessus de nos têtes, des nuages en fils supraconducteurs flottent. Ils symbolisent pour Etienne « l’utopie d’une société en train de vivre une mutation radicale ; ils sont aussi porteur d’un idéal, d’un espoir, d’une autre révolution. C’est le rêve des scientifiques, une supraconductivité à température ambiante. Ces fibres sont le tissu neuronal de la supraconductivité ». En voulant cacher le froid et tout autre mécanisme technique pour préserver le mystère, Etienne nous offre un moment de songe et la possibilité de rêver à ce que pourrait être la supraconductivité à température ambiante.
Car si aujourd’hui différents domaines comme la médecine, l’énergie, les transports et les télécommunications bénéficient déjà des avancées scientifiques réalisées autour des matériaux supraconducteurs, le rêve ultime de tout physicien des matériaux est de trouver un supraconducteur qui présente cet état sans refroidissement, à température ambiante. Une telle découverte révolutionnerait véritablement notre quotidien.
Je salue le courage d’Etienne pour s’être engagé dans une aventure dont il n’avait pas la maîtrise technique, le rendant fortement dépendant des autres. Dans une trajectoire de rêve et de découvertes, Etienne et son art se sont fait les messagers d’une réalité complexe, ils ont su donner à la supraconductivi- té la part poétique qui lui revenait.

Texte : prof. Øystein Fischer

Directeur du Pôle de recherche national MaNEP

Horizon Lousonna

Horizon Lousonna

Etienne Krähenbühl

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Carapace

Carapace

Etienne Krähenbühl

Galerie photo

De septembre 2017 à septembre 2018, Étienne Krähenbühl a collecté tous les plastiques de sa consommation quotidienne pour produire des estampes. Du conditionnement de sa nourriture, en passant par les sacs à usage unique, l’artiste a réalisé quelque 730 impressions – deux estampes par jour. Il nous livre ainsi un compte-rendu de l’utilisation personnelle de ce matériau sur une année et son geste devient message universel. S’en dégage en effet une réflexion sur l’écologie et sur le climat à travers une « fresque » haute en couleurs. Au-delà de la pensée engagée, l’exposition permet de découvrir ou de redécouvrir un artiste par un travail qui fait exception dans sa propre production artistique.

Les artistes, tout comme les océanographes, les ingénieurs, les explorateurs, les entrepreneurs interviennent pour lutter contre ce fléau mondial. Yverdonnois largement connu pour sa production de sculptures de métal, Étienne Krähenbühl sait jouer en trois dimensions entre le stable et le mobile, le corrodé et le lisse, le sonore et le silencieux, le lourd et l’aérien. En septembre 2017, il décide de sortir de ses habitudes pour donner à voir la consommation du plastique à l’échelle d’un être humain durant un an. Son installation déployée sur les 300m2 du CACY se décline en un camaïeu de couleurs réglé sur la météo d’Yverdon-les-Bains au jour le jour. Ancrée dans la ville du Nord vaudois, l’expérience dénonce des gestes et des habitudes dont plus personne ne peut s’excuser. Depuis 1950, la production de plastique a été multipliée par200, pour un tiers des déchets qui ne sont pas recyclés. 

 

Karine Tissot

Sculptures monumentales

Exposition au château de Vullierens

De la poule à l’œuf, de la plume aux polymères…

Traversées par l’esprit du temps, les œuvres ouvrent une perspective dans notre actualité environnementale. Une collaboration avec Rudy Koopmans, scientifique travaillant avec les polymères, se met en scène dans une exposition qui illustre les avancées actuelles dans le domaine des ressources finies. L’importance de nos consommations, les déchets qui en résultent sont souvent désavoués et livrés à la destruction. Et si, plus conscients de notre participation à une nature qui a donné généreusement, nous devenions acteur d’un respect indispensable des « déchets » que nous produisons ?

Les installations d’Etienne Krähenbühl, en métal, en plastiques récupérés et en polymères feront vivre ces thématiques en s’appuyant sur les phases de transformation de l’œuf à la plume.

Malgré l’évolutioncontinuelle des théories en la matière, le Big-bang, depuis sa découverte, équivautà ce point lointain de l’origine de l’univers, un grand fracas qui présida àtout. Eternelle question de savoir ce qu’il y avait avant, mais certitude avéréeque nous venons de là, d’un vide plus ou moins vide qui allait s’étendre jusqu’àl’infini, ou presque. L’œuvre d’Etienne Krähenbühl, environ 1600 pièces de métalsuspendues par autant de filins, représente ce Big-bang en une sphère qui pourraittout aussi bien évoquer une planète ou un grand atome vue au microscope, là oùl’infiniment petit rejoint l’infiniment grand.

Le Bing-bang est une bouled’acier retenue dans le vide, et qu’un homme peut enlacer, comprimer jusqu’àtout relâcher et produire mille chocs de matière et de sons ; fairerespirer la matière qui semblait bien jusque là être le lieu de possibles évènementsretentissants. L’œuvre est vivante, elle respire, elle oscille, se dilate et s’agrandit,elle balance et reproduit l’onde initiale qui la fit danser et sonner comme unimmense carillon qui ne joue jamais exactement la même mélodie. Mille piècesforgées dans la matière organique dont nous et les étoiles sommes faits, s’entrechoquenten suivant le mouvement de l’onde. On dirait l’un de ces bancs de petitspoissons marins, qui pour lutter contre l’adversité, reste groupé malgré lesmouvements rapides et les formes spectaculaires que donnent ses fuites etautres accélérations.

Le Bing-bang est unconcentré de matière et d’énergie en devenir. Les pièces sont séparées d’imperceptiblesespaces vides, qu’une simple pression peut remplir. La sphère joue dans l’espace,elle l’occupe et se retire, hésite, revient, fait résonner l’univers danschacune de ses renaissances. Et au moment ou cette masse inerte est provoquée,au moment même où se libère toute sa puissance, le son et les ondes qui en résultentnous traversent, nous spectateurs vibrants à notre tour, témoins d’une étreintevertigineuse avec l’univers naissant. Du silence on est passé au fracas, qui àson tour redeviendra silence. Mais dans ce silence encore, comme si l’énergiedu Bing-bang n’avait plus de fin ni de répits, on ressent encore les ondes, onentend encore au loin, au plus loin de l’univers, quelques forces mystérieusesqui semblent résonner sans jamais totalement s’éteindre.

Texte : David Collin

Les Fleurs du mal fondent dans la nuit, les tiges à mémoire de forme s’affaissent à la tombée du jour. Les Fleurs cèdent à l’emprise du froid, à la pesanteur de leur charge ancienne, elles sont accrochées à la maigre et fragile raideur des tiges qui les soutiennent. L’équilibre est fascinant, de cette fascination qui émerveille et sidère : les Fleurs du mal défient le temps, baignées de rouille et de coupes raides. pour celui qui s’en approche, il y a de très loin l’inquiétude ou le doute devant les piques dressées d’une armée de lanciers en marche ; de loin se devine l’hospitalité nourricière d’un champ de blé noirci, mal vu, mais qui fait encore illusion ; et de plus près enfin, on sent frémir face aux retours d’inquiétude que dessinent les silex en bouquet, des étincelles dont il ne reste que les dures fleurs d’acier, brûlantes à midi du souvenir de l’éclat, froides le soir, lovées dans leur ombre dernière. L’équilibre vertical des fleurs fait violence contre la gravité, contre la nature calcinée, déchirée. c’est le souvenir d’une autre violence qui revient, qui dévaste encore aujourd’hui les rues du Liban, des quartiers entiers de Beyrouth.

Poème et sculpture, les Fleurs du mal sont à la fois un appel à la beauté du mouvement et le souvenir d’un trop proche carnage. Les centaines d’éclats d’obus dressés dans le temps, mémoires suspendues, champ d’une mémoire 119 éclatée par le vent et la chaleur, proposent aux spectateurs d’assister à un phénomène : la rencontre en apparence contradictoire entre des formes
et la matière qui les enserre, et qui crée l’esthétique apaisante des tiges pliées, dressées, pliées à nouveau contre le plein espace vivant d’un souvenir tragique. Aux premières lueurs les fleurs renaissent, elles reviennent à leur forme première par le mouvement et le retour à leur forme première. Apaisées elles aussi, elles sont un manifeste de mémoire.

Texte : David Collin

Une artiste à la rencontre de la supraconductivité

UNE SUPRARENCONTRE. Lorsqu’en 2007 Etienne rencontre notre équipe scientifique et technique à Genève, il est rapidement captivé par les propriétés étonnantes des matériaux supraconducteurs. Je me souviens de son regard émerveillé devant une pastille supraconductrice en lévitation. Les fibres qui composent les fils supraconducteurs, quant à eux, inspirent vivement son imaginaire. Dans l’atelier d’Etienne, à notre tour, nous sommes fascinés devant le mouvement de glissement léger d’objets apparemment lourds obtenu grâce aux mémoires de forme. Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ses sculptures et de sa vision du monde. c’était le départ d’une incroyable aventure : réaliser une oeuvre d’art mettant en valeur la supraconductivité et plus particulièrement la lévitation. Cette sculpture, inaugurée à Genève à l’occasion des 100 ans de la découverte de la supraconductivité est aujourd’hui la pièce maîtresse d’une exposition itinérante.
L’art est une manière de raconter une vision du monde avec imagination et créativité. La science, quant à elle, décrit ce monde à travers un langage scientifique et dans notre histoire avec celui de la physique. L’émotion ressentie par le scientifique devant une découverte, grande ou petite, s’apparente à celle perçue par l’artiste devant son œuvre achevée. si l’art, plus accessible au grand public, se révèle être une forme de communication inédite pour la science, la science offre à l’art de nouvelles avenues et perspectives.

De la toute première idée d’Etienne, celle de supraconducteurs soutenus par un petit parachute tombant dans un bain d’azote liquide, jusqu’à la réalisation de la sculpture supra100, quatre ans de recherches et de défis relevés nous ont appris à nous connaître et à nous dépasser. Comment combiner les contraintes de la science et de la technique – en particulier la nécessité du froid – avec l’imaginaire de l’artiste ? Etienne nous répétait à maintes reprises qu’il nous appartenait de poser les limites de la faisabilité. Au fur et à mesure des démarches et des essais, notre artiste a apprivoisé le froid, comment le maintenir, ce qui était possible et ce qui ne l’était pas. de notre côté, nous avons cherché des solutions, relevant les défis techniques soulevés par les idées foisonnantes d’Etienne.
SUPART. L’œuvre supra100, d’une simplicité émouvante défie la loi de la 251 gravité. cette sphère en lévitation sur un plan carré incliné c’est notre planète lévitant sur la création de l’homme. Au-dessus de nos têtes, des nuages en fils supraconducteurs flottent. Ils symbolisent pour Etienne « l’utopie d’une société en train de vivre une mutation radicale ; ils sont aussi porteur d’un idéal, d’un espoir, d’une autre révolution. C’est le rêve des scientifiques, une supraconductivité à température ambiante. Ces fibres sont le tissu neuronal de la supraconductivité ». En voulant cacher le froid et tout autre mécanisme technique pour préserver le mystère, Etienne nous offre un moment de songe et la possibilité de rêver à ce que pourrait être la supraconductivité à température ambiante.
Car si aujourd’hui différents domaines comme la médecine, l’énergie, les transports et les télécommunications bénéficient déjà des avancées scientifiques réalisées autour des matériaux supraconducteurs, le rêve ultime de tout physicien des matériaux est de trouver un supraconducteur qui présente cet état sans refroidissement, à température ambiante. Une telle découverte révolutionnerait véritablement notre quotidien.
Je salue le courage d’Etienne pour s’être engagé dans une aventure dont il n’avait pas la maîtrise technique, le rendant fortement dépendant des autres. Dans une trajectoire de rêve et de découvertes, Etienne et son art se sont fait les messagers d’une réalité complexe, ils ont su donner à la supraconductivi- té la part poétique qui lui revenait.

Texte : prof. Øystein Fischer

Directeur du Pôle de recherche national MaNEP

Publications

De la poule à œuf, de la plume aux polymères

Étienne Krähenbühl & Rudy Koopmans

De la poule à l’œuf
De la plume aux polymères

Une publication originale consacrée aux polymères à travers le prisme d’une rencontre entre art et science.

Ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’artiste Étienne Krähenbühl et le scientifique Rudy Koopmans,

directeur du Plastics Innovation Competence Center (PICC) de Fribourg.

Textes :
André Hoffmann, Catherine Valentini, Christian Patermann, Sandra Hofmann, Joseph Pisani,

Rudy Koopmans, Franziska Mueller-Reissemann.

Support :

142x230 mm, 96 pages. Impression en quadrichromie sur papier recyclé 150g/m2. Reliure au fil apparent. Couverture sérigraphiée en polypropylène recyclé transparent avec une vraie plume de poule.

Éditeur :
Association des amis d’Étienne Krähenbühl

Prix :

Le livre est au prix de CHF 30.–. Éditions de tête, signées et numérotées de 1 à 100, accompagnées d’une petite sculpture, (polymère de poule, nickel-titane et plume d’oie) au prix de CHF 200.–.

Livres et sculptures disponible dès mi-juin à la boutique du Château de Vullierens ou en souscription auprès de l’association des amis d’Étienne Krähenbühl: info@amis-EK.ch

Exposition éponyme d’Étienne Krähenbühl au Château de Vullierens du 4 mai au 20 août 2023. www.ekl.ch

Plastiques - Le temps s'emballe

Étienne Krähenbühl & Rudy Koopmans

PlastiquesLe temps s’emballe

Une publication originale consacrée aux plastiques à travers le prisme d’une rencontre entre art et science.

Ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’artiste Etienne Krähenbühl et le scientifique Rudy Koopmans,

directeur du PlasticsInnovation Competence Center (PICC) de Fribourg.

Textes :

Etienne Krähenbühl, Rudy Koopmans, Karine Tissot, Françoise Jaunin,
Fabien Krähenbühl et Catherine Valentini

Support :

142x230 mm, 96 pages. Impression en quadrichromie sur papier recyclé.

Reliure au fil apparent. Couverture sérigraphiée en polypropylène recyclé transparent.

Éditeur :
Association des amis d’Étienne Krähenbühl

Prix :

Éditions de tête, signées et numérotées (1-25en français, 26-50 en anglais),

accompagnées d’uneestampe: CHF 300.–

Le livre, en français ou anglais, numéroté de51 à 1500: CHF 30.–

Aperçu du livre et précommande
en utilisant le formulaire de contact sur: amis-ek@venoge.ch

Mémoire de forme, formes en mémoire

Découverts dans les années 1950, les alliages à mémoire de forme présentent des propriétés étonnantes: changer dramatiquement de forme lorsqu'ils changent de température, garder une 'mémoire' de leur forme, et être déformables comme un caoutchouc. D'une fascination commune pour ces singuliers métaux est née la rencontre entre Etienne Krähenbühl, sculpteur sur métal, et Rolf Gotthardt, chercheur spécialisé en physique des matériaux. Publié à l'occasion de l'exposition 'Mémoire de forme, formes en mémoire', ce livre propose aujourd'hui au public le résultat de cette collaboration, mêlant textes techniques et descriptifs à des photographies des pièces de l'artiste, réalisées en exploitant les propriétés extraordinaires de ces alliages.

Temps suspendu

Dédié à Etienne Krähenbühl (né en 1953), considéré comme l'un des principaux sculpteurs sur fer de Suisse. Aussi discret qu'il est idiosyncrasique, « il pousse la matière dans ses retranchements pour faire jaillir mouvements et sons des profondeurs de la terre ». Pour ce faire, il travaille non seulement sur les métaux conventionnels, mais explore également des matériaux de haute technologie tels que les alliages à mémoire de forme et les supraconducteurs. Le volume, qui paraît à l'occasion du 60e anniversaire de l'artiste, présente pour la première fois l'œuvre complète du sculpteur. La section d'illustrations généreusement conçue familiarise le lecteur avec toutes les facettes de l'œuvre de cette vie fascinante : des premières sculptures aux poignantes Fleurs du mal en passant par le puissant Bing Bang. L'œuvre de Krähenbühl se caractérise par le mouvement constant d'un work in progress. Entre arts et sciences Oscillant entre philosophie et poésie, l'artiste « s'occupe des phénomènes naturels comme des grandes questions de la vie dans sa recherche de la sublimation poétique de la matière ». (F.Jaunin).

Fleurs du mal

Ce livre donne à sentir le poids du drame libanais, non dans sa réalité documentaire, mais dans sa dimension vécue. Etienne Krähenbühl, en visite au Liban en 2000, prend la mesure de ce qu'a été la guerre. Le pays, champ de blessures ouvertes, le fascine, l'attire, l'atterre. Dans la petite ville d'Aley, il marche sur un tapis d'obus. Hypnotisé, il lève un éclat dans la lumière du soleil qui filtre à travers les branches du seul cèdre qui demeure en ces lieux. Il décide d'en figer l'élan. Il fixera ces fragments meurtriers sur de longues tiges souples. Il dressera les éclats devenus fleurs ou épis, il les élèvera en un champ de mille fleurs du mal, suspendues dans la mémoire des vents. Les textes tissent une réflexion tour à tour poétique, narrative et analytique autour de l'ouvre, des résonances qu'elle appelle, de l'histoire qui remonte à la surface de la mémoire. Une terre, une mémoire, une infinité de possibilités fracassées : il s'agit de dire, d'exprimer et de témoigner. AUTEURS : Etienne Krähenbühl, plasticien suisse formé à l'Ecole des beaux-arts de Lausanne puis à Paris et Barcelone, vit aujorud'hui en Suisse. David Collin, français d'origine et suisse d'adoption, a publié en 2007 son premier récit, Train Fantôme, aux éditions du Seuil. Il est producteur et réalisateur à la Radio Suisse Romande. Imane Humaydane-Younes, libanaise, anthropologue, a enquêté sur les disparus de la guerre civile. A travers recherches et écriture, elle effectue un patient travail de mémoire. Elle a publié trois romans.

Horizon Lousonna

Art-chéologie est une publication consacrée à l'installation artistique "HORIZONS LOUSONNA", née d'une collaboration entre l'artiste Etienne Krähenbühl et son fils Fabien Krähenbühl, archéologue. Exposée au sein de la promenade archéologique de Lausanne-Vidy, cette sculpture met en scène 56 pieux gallo-romains, qui lévitent au-dessus d'un plan d'eau aménagé pour matérialiser le niveau antique du lac Léman. En 2016 et 2017, plus d'un millier de ces éléments en chêne ont été découverts à proximité, lors des fouilles archéologiques du siège du CIO. Base du port de Lousonna, à l'origine de la ville de Lausanne. Séduits par les qualités esthétiques et symboliques de ce matériau, les deux Krähenbühl ont imaginé une oeuvre d'art recyclant ces pieux pour créer un lien tangible entre passé et présent. Qui permet d'interroger le temps, la mémoire, l'archéologie et, partant, les origines et l'identité. Et aussi, bien sûr, le symbolisme et l'histoire des pieux en bois, un matériau de construction ancestral mais toujours d'actualité.

Biographie

Le métal, c'est par là que tout commence. Que tout est advenu et que tout continue d'être et de devenir. Un désir irrépressible et inguérissable de corps à corps avec la matière dure qui résiste, se cabre et menace, qui sonne, résonne et tonitrue à s'en faire sauter les tympans, mais qui s'apprivoise aussi, se caresse, se plie et se forge au feu et au chalumeau.

Etienne Krähenbühl l'avait en lui depuis toujours, cette fascination pour le métal. Une irrésistible attirance d'enfant bricoleur et inventif. Il n'a pas encore quinze ans quand, dans le cadre des activités extra-scolaires proposées le samedi par le collège où il faisait ses classes, il demande de pouvoir travailler le métal. Perplexité des enseignants qui ne l'avaient pas inscrit à leur programme ! Pas d'atelier prévu ? Tant pis, il s'y met tout seul, avec tout l'enthousiasme, le culot et la naïveté de l'adolescence.

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